Création auto entreprise : du formulaire au numéro SIRET en 6 étapes

La création d’une auto entreprise se fait en ligne, par une seule déclaration sur le guichet unique officiel des formalités d’entreprises, et le numéro SIRET vous est ensuite attribué par l’INSEE. « Auto-entreprise » est le nom courant du régime de la micro-entreprise, celui dont il est question ici. Six étapes mènent de la vérification de vos droits au premier jour d’activité.

Étape 1 : vérifier que le régime de la micro-entreprise vous est ouvert

Le régime s’adresse à une personne physique qui exerce en nom propre. Il se cumule avec un emploi salarié, des études ou une retraite, à condition de ne pas être sous le coup d’une interdiction de gérer.

Certaines structures n’y ont pas accès, quel que soit leur chiffre d’affaires : les sociétés en nom collectif, la plupart des sociétés de personnes, les entités soumises à l’impôt sur les sociétés et les marchands de biens. Si vous envisagez l’une de ces formes, la micro-entreprise n’est pas le bon cadre.

Il faut aussi classer votre activité : commerciale, artisanale ou libérale. Ce classement fixe le plafond de chiffre d’affaires, le taux de cotisations et, pour l’artisanat, les qualifications exigées. Vous pouvez créer à tout moment de l’année : une activité qui démarre en décembre est déjà sous le régime pour l’année suivante.

Un point mérite un contrôle avant d’aller plus loin : le nom sous lequel vous exercerez. En micro-entreprise, vous exercez en nom propre, avec votre nom et votre prénom, éventuellement complétés d’un nom commercial. Si vous choisissez un nom commercial, vérifiez qu’il n’est pas déjà utilisé dans votre domaine d’activité,.

Étape 2 : préparer les pièces avant de remplir la déclaration

Réunissez avant de commencer :

  • une pièce d’identité en cours de validité, au format numérique ;
  • un justificatif de domicile, ou un contrat de domiciliation si vous n’exercez pas depuis chez vous ;
  • une déclaration sur l’honneur de non-condamnation, qui se remplit pendant la démarche ;
  • un diplôme ou une attestation de qualification si votre activité artisanale ou réglementée l’exige.

Rédigez aussi une description précise de l’activité : elle détermine le code d’activité et la catégorie de cotisations. Dès cette étape, mettez en place le suivi de vos recettes : un tableau de suivi sous Excel suffit pour démarrer.

Étape 3 : remplir la déclaration sur le guichet unique

La démarche passe par un compte personnel sur le guichet unique officiel. Vous y choisissez la création d’une entreprise individuelle sous le régime de la micro-entreprise, renseignez votre identité, votre adresse, la date de début et la nature de l’activité, puis téléversez vos pièces et signez électroniquement.

Mains sur un clavier pour remplir une déclaration de création d'entreprise

Méfiez-vous des sites commerciaux qui reprennent le vocabulaire de l’administration et réclament un paiement pour faire la déclaration à votre place. Ils ne sont pas le guichet officiel. Vérifiez l’adresse du site avant de saisir vos données personnelles, et gardez le récépissé de dépôt qui s’affiche à la fin.

Étape 4 : choisir ses options de déclaration et d’impôt

Vous choisissez la fréquence de déclaration du chiffre d’affaires : mensuelle ou trimestrielle. Le mensuel donne une vision plus fine de votre trésorerie, le trimestriel allège le calendrier. Les cotisations se calculent ensuite en appliquant un pourcentage au chiffre d’affaires encaissé, sans recette, pas de cotisation.

Deuxième choix, l’impôt sur le revenu. Par défaut, le revenu de la micro-entreprise entre dans votre déclaration annuelle. Le versement libératoire permet de payer l’impôt en même temps que les cotisations, sous condition de revenu fiscal de référence du foyer. Vérifiez cette condition sur votre dernier avis d’imposition avant de cocher l’option.

Une aide existe pour la première année : l’ACRE, qui réduit temporairement les cotisations des créateurs qui y ont droit. Ses conditions et son taux ont évolué ces derniers temps, consultez la page officielle de l’Urssaf au moment de votre demande. Pour la suite, pensez à votre protection de long terme : un travailleur indépendant cotise différemment d’un salarié, et savoir quel plan d’épargne retraite choisir aide à préparer sa retraite.

Étape 5 : suivre le dossier jusqu’au numéro SIRET

Après l’envoi, le guichet unique transmet votre dossier aux organismes concernés. L’INSEE attribue ensuite un numéro SIREN, un numéro SIRET et un code APE, qui arrivent par courriel et sur l’avis de situation consultable en ligne. Le délai varie selon le dossier et la période, il ne se compte pas en heures.

Un dossier peut être rejeté ou mis en attente, souvent à cause d’une pièce illisible ou d’une activité mal décrite. Le motif apparaît dans votre espace personnel : corrigez le point signalé et renvoyez le dossier depuis le même espace, sans recommencer la démarche.

Ne facturez pas avant la réception du numéro. Le SIRET est obligatoire sur vos factures, et c’est à partir de lui que vous accédez à votre espace de déclaration de chiffre d’affaires.

Ce délai d’attente a une conséquence pratique : si un client vous attend, prévenez-le que votre numéro est en cours d’attribution plutôt que de lui remettre une facture sans mention. Une facture émise trop tôt oblige à la refaire, avec un numéro et une date corrigés.

Étape 6 : démarrer l’activité dans les règles

Ouvrez un compte bancaire dédié à l’activité. Il devient obligatoire quand le chiffre d’affaires dépasse un certain montant deux années de suite, mais le faire dès le début simplifie la tenue du livre des recettes.

Facture et carnet de recettes posés sur un bureau en bois

Selon le métier, une assurance professionnelle est obligatoire (bâtiment, certaines professions réglementées) ou simplement prudente. Demandez un devis avant de signer vos premiers contrats.

Vos factures doivent porter les mentions légales : identité, adresse, SIRET, date, description de la prestation, prix. Sous le régime de la micro-entreprise, la TVA ne s’applique pas dans la plupart des cas, et la facture doit alors l’indiquer. Si vous préférez déléguer ces tâches, confier sa comptabilité à un cabinet reste possible, même à ce niveau d’activité.

Conservez les justificatifs de chaque recette et de chaque dépense professionnelle, même si le régime ne vous demande pas de bilan. Ils prouvent vos revenus en cas de contrôle et servent à justifier un prêt ou un loyer auprès d’une banque ou d’un propriétaire.

Après la création : plafonds de chiffre d’affaires et cotisations

Pour les revenus perçus en 2026, le régime de la micro-entreprise est ouvert jusqu’à 203 100€ de chiffre d’affaires pour la vente de marchandises, et jusqu’à 83 600€ pour les prestations de services et les activités libérales. Ces montants s’entendent hors taxes.

Un dépassement ne vous fait pas sortir du régime immédiatement : vous le quittez seulement si vous dépassez le plafond deux années de suite. Une entreprise nouvellement créée reste sous le régime l’année de sa création et la suivante, avec un plafond proratisé selon les jours d’activité la première année. En cas d’activité mixte, un plafond global s’ajoute à celui de chaque activité.

Côté cotisations, le principe est simple : un pourcentage du chiffre d’affaires, plus bas pour la vente que pour les services et les professions libérales. Ce mécanisme évite les charges fixes, mais il ne dit rien de votre rentabilité. Pour un commerçant, raisonner en marge plutôt qu’en chiffre d’affaires change la lecture des plafonds, d’où l’intérêt de comparer les produits à forte marge avant de fixer ses prix.

Une fois le numéro SIRET en main et le premier compte de recettes ouvert, il reste à tenir le calendrier de déclaration choisi à l’étape 4 : une déclaration à zéro est obligatoire même sans chiffre d’affaires.